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Maman, je revois ton visage
Qui se penchait sur mon berceau
Me recommandant d'être sage
De faire bien vite dodo
Lorsque s'éteignait la lumière
Je sanglotais de peur soudain
Et tu passais une heure entière
À garder ma main dans ta main
Tu portais pendant des années
De petites robes de rien du tout
Préférant être démodée
Et m'acheter de beaux joujoux
Tu faisais pour moi des prodiges
Toute la nuit usant tes yeux
Cousant, cousant jusqu'au vertige
Afin que j'épouse un Monsieur
Et j'ai grandi sans bien comprendre
Trouvant très naturel, toujours
Que ta jeunesse et ton cœur tendre
Soient remplis par mon seul amour
Je vois encore nos promenades
Lorsque les passants nous prenaient
Pour deux jeunes filles en balade
Ah, maman, comme tu riais!
Je t'ai fait verser bien des larmes
Quand je dansais jour après jour
En répondant à tes alarmes
"Je n'aurai pas vingt ans toujours"
Chaque matin, plus fatiguée
Tu vieillissais tout doucement
Me traitant malgré les années
Encore comme une petite enfant
Puis un soir, tu t'es endormie
De toi il ne reste plus rien
Plus rien qu'une photographie
Dont le regard cherche le mien
Oui je t'ai fait souffrir, chère âme
Car ton amour était sans prix
Mais hélas, avant d'être femme
Maman, je ne l'ai pas compris
Transcripteur : peter&sloane
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