|
En ce moment vous écoutez :
Pour pouvoir discuter ici, vous devez avoir un compte et être identifié.
-
Kongsbreen à 04h07
pendant Bruce Lee
Un réveil brusque-lit!
-
mot2passe à 00h10
pendant Takaraké
moi
-
Robin Fusée à 22h34
pendant Y'a plus d'électricité
Est-ce que quelqu'un est en possession d'une très ancienne version de la NF C15-100?
-
Kongsbreen à 14h02
pendant Force rouge, force jaune
Démarrage en force pour Recreabide!
-
Ürbock à 12h50
pendant C'est un poète
Hre mgbye : une qui avait tout compris, c'est France Gall
(surtout quand elle a chanté "Débranche")…
-
Clickelnet à 11h59
pendant France-Espagne, España-Francia
Bonjour mes gins, bonjour tertous !
Bonne fin de semaine, en ce superbe RécréaBide estival, pré-fait-rien.
-
hre mgbye à 11h35
pendant Ça donne envie d'aimer
Une chose que je n'ai jamais comprise, à propos de la mort de Claude François, c'est que même en 1978 on avait remarqué que l'électricité et l'eau, ça ne fait pas bon ménage. Donc comment expliquer que l'installation de sa salle de bain, qu'on peut penser construite selon les règles de l'art (pas genre au noir par un bricolo du dimanche vu les moyens du chanteur) ait négligé les précautions les plus élémentaires et qu'il ait pu revisser une ampoule avec les pieds dans la baignoire ?
Une légende urbaine prétend qu'en réalité, la cause de sa mort ait été un godemichet électrique, mais encore une fois, même en 1978, je ne crois pas qu'il existait des appareils de ce type fonctionnant sur 220. Ou alors il était en train de tester une pratique inconnue de mes services avec son batteur à œufs dans sa baignoire ?
bref c'est pas clair tout ça.
Voir tous les commentaires
 |
Forum : BiDoRéMi
Auteurs |
Messages |
hre mgbye
Psychopathe
Inscrit(e) depuis le 23/02/2004
|
Joie de vivre en Roumanie
Le 19-01-2025 à 14:03:46
En lisant un bouquin de Bruno Léandri (qui a, entre autres, écrit des nouvelles et des rubriques diverses dans « Fluide Glacial » pendant quarante ans), « J'aime pas les voyages », je suis tombé sur ce chapitre qui éclaire un peu le contexte de ce 45 tours : Posté par Bruno Léandri : L'adresse était prestigieuse, une des rues de luxe à côté de l'Opéra de Paris, mais l'extrême exigüité de la boutique limitait là le prestige. La première particularité de cette officine proclamée agence de voyage était de porter par pure rouerie commerciale le même acronyme qu'une compagnie aérienne disparue depuis, UTA, les services de la concurrence étant moins pointilleux que maintenant, ou simplement dissuadés par la misérable insignifiance de l'imposteur. La seconde, d'avoir comme patron un immense héron fatigué et mythomane qui portait le même nom singulier que la dernière dynastie des empereurs byzantins et qu'un des protagonistes de l'affaire Dreyfus : Paléologue.
Cet étrange personnage, qui tenait à peine dans son minuscule bureau, derrière lequel le voir replier toutes ses jambes pour s'assoir relevait de la performance, semblait las de tout sauf des merveilles qu'il vendait. Il cachait sous une mèche grise, longue et perpétuellement tombante, son regard ténébreux et désabusé, traitant tout sujet d'une moue mélancolique, mais dès que la conversation en venait aux séjours qu'il proposait à ses clients, ses yeux s'animaient, il se contorsionnait dans son fauteuil de torture, lançait un de ses interminables bras vers une étagère dans son dos et en sortait une brochure d'agence de voyage, mais pas n'importe laquelle : la sienne.
Ce catalogue, c'était son chef-d'œuvre, sa Comédie humaine, sa chapelle Sixtine : douze pages en quadrichromie sur papier glacé, décrivant les fastes et les enivrantes splendeurs de l'hôtel-club qu'il dirigeait en Roumanie, descriptions fignolées, composées, bichonnées par sa main, dans lesquelles il avait épanoui ses pulsions littéraires frustrées, en ciselant des slogans dignes du grand marketing.
Mêlant la Dacie latine au ski nautique, Ionesco à la piscine olympique, Nadia Comaneci au restaurant self-service, il le lisait à haute voix - il pouvait en être d'autant plus fier, de son catalogue, que c'était son seul travail effectif, étaler son mirifique programme en un fantasme qui ne dépassait pas sa petite brochure.
Je conclus de son discours sinusoïdal, qui, durant l'entretien, était passé au moins trois fois de l'exaltation trépidante au plus morne abattement, que si ma candidature lui agréait, je serais personnellement chargé de concrétiser sur place la partie du catalogue concernant « la joie de vivre roumaine et ses farandoles multicolores, tourbillon de fêtes et de spectacles animées par un professionnel français » et qui suivait la partie concernant les sports, tout aussi alléchante, voile, tennis, ski nautique, équitation à volonté. Je lui jurai que traduire dans les faits la perfection exquise d'une telle brochure m'apparaissait comme un projet envoutant, qui me remplissait d'enthousiasme, et, les références de mon emploi précédent d'animateur au Club Méditerranée faisant leur effet, il m'agréa. […]
En fait, le marabout neurasthénique qui m'avait embauché ne dirigeait rien du tout en dehors de sa boite à chaussures, il se contentait d'envoyer ses clients dans les hôtels-usines du tourisme roumain au bord de la mer Noire et de toucher sa marge. Pour damer le pion à ses concurrents qui se contentaient de revendre les nuitées roumaines pension complète clefs en main, il se targuait de proposer un bonus, laissant un petit jeune plein de bonne volonté mettre les mains dans le charbon et assurer l'essentiel du boulot sur place : donner un vague aspect de réalité à ses flamboyantes promesses. Concrètement, il s'agissait surtout de calmer la colère de ses clients lorsqu'ils découvraient que la voile se limitait à contempler l'épave de l'unique dériveur qui pourrissait sur la plage, le tennis à compter les flaques d'eau du terrain vague défoncé qui avait été un court pour apparatchiks dans les années 1950, le ski nautique à entendre l'éclat de rire de l'employé roumain devant cette seule évocation, et l'équitation à entreprendre une balade autour de la zone hôtelière en charrette à pneus tirée par un percheron décoré. De là à penser que ce monsieur Paléologue a commandité ce 45 tours dans son délire mégalomane pour accompagner sa brochure, il n'y a qu'un pas… et que Didier et Jean-Luc, pas entièrement persuadés du sérieux de l'entreprise, mais tout de même payés pour chanter les mérites et pas que ça, nous ont pondu ce chef-d'œuvre sérieux mais pas trop semble plausible.
Les gens qui généralisent sont tous des cons .
|
Le Sapin Sobre
Pine head
Inscrit depuis le 03/06/2005
|
Re: Joie de vivre en Roumanie
Le 19-01-2025 à 15:50:23
Extra ! Je n'écouterai plus cette chanson sans imaginer les cohortes de touristes se baladant dans une antique charrette autour de leur hôtel. :)
Sapin et fier de l'hêtre !
|
Il faut être identifié pour participer au forum !
|
 |
|
|